Elle m’a TOUT raconté !

Elle m’a TOUT raconté !

Le génocide arménien.

Ca peut paraître vieux pour certains. Mais pour tous les descendants de rescapés, dont je suis, cette plaie n’est pas refermée. J’aurais sans doute l’occasion d’expliciter davantage dans une autre Pensée.

Je réentends les récits de ma grand-mère qui me racontait la peur, les conversions forcées, les femmes violées, les têtes coupées. La fuite, l’exil, l’arrivée en France. L’installation, les difficultés, l’intégration. L’espoir, la renaissance, … la joie !

Tout perdre. Et tout recommencer.

A côté de cela, j’ai entendu aux infos les récits de la guerre en Syrie. Les populations déplacées du Soudan. Les camps de travaux forcés de Corée du Nord. Tout cela m’a ému et bouleversé.

Mais pour moi, rien n’a jamais égalé la puissance d’un témoignage, vécu de l’intérieur et transmis dans le détail par celui qui l’a vécu.

Quand quelqu’un te dit, avec ses tripes, sa sensibilité et sa douleur, ce qu’il a vu, comment il a réagi, comment il s’en est sorti, tu sais que tu es dans le vrai. Tu n’es pas dans la mise en scène médiatique. Tu n’es pas dans la minute taillée sur mesure par la machine audiovisuelle.

Tu touches la vérité.

Et la vérité te touche.

J’ai toujours aimé lire les biographies, les histoires vraies. Parce qu’elles parlent de vérité.

J’ai sélectionné ici quelques ouvrages de témoignages transmis par leurs auteurs. Certains sont poignants, d’autres sont réjouissants, remplis d’espoir, capables de nous faire grandir. Il y en a dans tous les styles. Mais toujours avec une exigence : parler avec vérité de ce qui a été vécu.

Tout comme ton histoire familiale est une marche sur laquelle tu peux t’appuyer pour grandir, que ces histoires puissent t’inspirer et t’élever.

God bless,

Pascal

Parce qu’ils me ressemblent

Parce qu’ils me ressemblent

C’est une pensée très personnelle que je te partage.

La crise du coronavirus a touché le monde entier.

Par un étrange “concours de circonstances”, l’Eglise de la Porte Ouverte Chrétienne de Mulhouse a été particulièrement mise sous les feux des projecteurs, accusée injustement par certains d’un tort dont ils ne sont pourtant que les victimes.

Une lettre ouverte intitulée “Je défends !” a été écrite.

Lorsqu’il m’a été demandé si je voulais co-signer cette lettre, j’étais en voiture. J’ai dit oui avant même d’en avoir lu le contenu (je l’ai lu une heure après, et j’ai redit oui).

Mes frères et soeurs étaient injustement pointés du doigt, et il était naturel de venir prendre leur défense. Ca ne se réfléchissait pas !

Ce faisant, je me suis aperçu d’une chose.

Je n’ai pas été aussi prompt à prendre la défense des enfants irakiens ou syriens qui grandissent sous les bombes.

Je n’ai pas été aussi prompt à me lever pour dénoncer les exactions mises en lumière par le Dr Mukwege en République Démocratique du Congo.

Je n’ai pas été aussi prompt à m’intéresser à la crise vénézuélienne.

Pas très prompt non plus à prendre la défense de yazidis, de bouddhistes, de femmes, de personnes âgées, d’homosexuels, de SDF, de malades, de personnes handicapées partout où des injustices étaient commises, ici ou là, à leur endroit.

Je ne peux pas aider partout.

Mais je peux aider quelque part ! Je peux soutenir quelque part. Je peux dénoncer une injustice. Je peux adresser une parole de soutien et d’amitié à des frères et soeurs en humanité.

Je suis français d’origine arménienne, petit-fils de quatre rescapés du génocide de 1915 qui élimina 50 à 60% de la population arménienne de l’actuelle Turquie, et envoya sur les routes de l’exil la quasi totalité des survivants.

A l’époque, des Français, des Suisses et d’autres sont venus en aide à ces populations. Ils n’étaient pas arméniens, n’avaient pas d’amis arméniens, et ils sont venus en aide aux Arméniens. Plus de 100 ans après, nous nous en souvenons encore…

Je soutiens spontanément la cause arménienne parce que je suis d’origine arménienne. Je soutiens spontanément la Porte Ouverte Chrétienne parce que je suis chrétien.

Peut-être est-ce le moment pour moi de penser à soutenir ceux qui me ressemblent un peu moins…

God bless,

Pascal